fbpx

Sélection livre : Oublier les fleurs sauvages – Céline Bentz

Mise en garde : préparez-vous à voyager entre le chaos de la guerre, la beauté d’une histoire d’amour et la quête déterminée de la liberté.

Citation : « Amal était engluée dans le même paradoxe que la plupart de ses compatriotes. Une violente envie de vivre qui s’opposait à un amoncellement d’interdits, un farouche désir de paix, tout en n’acceptant pas l’absence de victoire finale de l’un ou l’autre camp : il fallait bien qu’on se soit étripés pour quelque chose. »

Karine Leresche (Instagram : une_armee_de_resilients)
Infos techniques :

Auteure : Céline Bentz
Editeur : Editions Préludes Sortie : 25 août 2021

Oublier les fleurs sauvages – Céline Bentz

En quête de liberté

Premier livre de Céline Bentz, diplômée de la Sorbonne et de Sciences Po à Paris, celui-ci raconte un Liban en guerre dans les années 80 et les rêves de liberté d’Amal, 17 ans.

Durant toute leur vie, les parents de la fraterie d’Amal ont lutté pour que leurs enfants aient accès à l’école et à un avenir loin de la précarité et de la guerre. L’aîné, Abbas, a su saisir les opportunités et s’établir en France où la vie ne résonne en rien avec l’horreur de la guerre qui se déroule au Liban. C’est ce grand frère qui accueillera Amal, à la fin de son baccalauréat afin qu’elle puisse poursuivre ses études en médecine.
Mais avant ce grand voyage, Amal doit réussir sa dernière année et trouver l’argent pour son billet d’avion alors qu’elle vit dans une ville où l’économie est à son plus bas, où l’ambiance n’est que désillusion. Elle réussit néanmoins à se faire engager chez un couturier. Son patron se trouve être un homme perverti par la guerre qu’elle finit par fuir suite à ses agressions. C’est là-bas que la jeune fille rencontrera Youssef, client chrétien et fortuné qui d’abord lui inspire tout ce qu’il y a de pire, puis reste dans ses pensées jusqu’à prendre toute sa place dans son cœur. Sa dernière année scolaire se passe entre travail et inquiétude pour son autre frère, Yacine : impliqué politiquement dans le conflit, celui-ci disparaît de plus en plus longtemps.
Enfin son bac en poche, Amal vivra un dernier été entre guerre, relation cachée avec Youssef qui n’est pas de la même confession qu’elle et espoir du futur que lui offriront ses études en France. Cette jeune femme inspirante rêve de vivre libre, de ne plus subir la condition que sa culture lui impose et de venir en aide à ceux qui en ont besoin en devant pédiatre.
A son arrivée en France elle est accueillie par une belle-sœur blasée, exigeante, froide et de plus en plus dépressive. Absents de très longs mois pour raisons professionnelles, elle ne peut compter sur son frère Abbas. C’est seule qu’elle sera confrontée à son intégration dans un pays dont elle ne connaît que ce qu’elle a lu et dont elle ne maîtrise que quelques maigres bases linguistiques. Son travail acharné, mené dans une lourde solitude, lui vaut une réussite de sa première année et 2 mois de vacances auprès des siens. Au Liban elle retrouve un pays toujours détruit, une famille qui souffre et Youssef qui lui annonce qu’il est malade : c’est une sclérose en plaque. C’est avec le cœur lourd qu’elle rentre à Nancy et qu’elle évite le Liban les 3 années suivantes, la tête et le cœur dans ses études, déchirée entre deux pays, partagée entre l’exil est une liberté découverte.

C’est un récit inspiré de l’histoire familiale de l’auteure, agrémentée de son imaginaire que l’on ne dissocie de la réalité à aucun moment.
Ce livre raconte un Liban au conflit trop méconnu, il est aussi une réelle immersion au cœur d’une culture dotée d’une richesse incontestable. Il décrit les rêves d’une jeune femme progressiste : ceux de la liberté, ceux où sont nourries toutes les espérances, ceux où le droit du choix règne. C’est le combat d’Amal qui est écrit avec une plume intellectuellement très stimulante de par sa richesse, son exactitude et sa parfaite syntaxe. Il ne s’agit pas uniquement d’une histoire entre guerre, rêves et amour ; il s’agit de littérature et de talent stylistique ! Tout est à propos, d’une justesse saisissante.

Le rythme est maintenu du début à la fin avec une énergie impressionnante : Céline Bentz y a mis tout ce qu’elle « est » et c’est non seulement un travail remarquable, mais également un cadeau précieux pour les lecteurs. Les descriptions sont parfumées des ambiances dépeintes, c’est un vrai voyage malgré la tristesse de nombreux paysages dévastés par la guerre.
A une époque et dans une culture où la femme est contrainte au mariage, où elle doit se soumettre et n’incarner que la maternité, où le divorce est impossible, l’auteure, grâce à Amal, met en avant le chemin difficile qu’on dû suivre les femmes progressistes, ce à quoi elles ont (sont encore parfois) confrontées pour obtenir le droit de choisir.
C’est un sujet profond dont on parle beaucoup en Occident, s’imprégner de ce type d’histoire permet de découvrir des modèles inspirants, de mesurer le chemin parcouru et de se rappeler la chance de grandir en pouvant se permettre d’espérer tous les possibles.

Karine Leresche
Instagram : @une_armee_de_resilients

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Must Read

Chronique d’une femme libérée : T’as liké sa photo !

tu likes une photo : ça ne veut rien dire, deux : ça commence à être un sous-entendu

Sélection livre : Les jours brûlants – Laurence Peyrin

c’est aux tripes qu’il parle, touchant le plus profond de l’âme...

Chronique d’une femme libérée – T’as pas d’enfant ?

Voici la question qui semble définir une femme de mon âge....

Sélection livre : La prisonnière de la mer – Elisa Sebbel

Ce livre, à la fois historique et romancé

Chronique d’une femme libérée : Ces ex qui reviennent

tu m’as brisé le cœur, j’ai pris 3 kilos à cause de la glace choco-pistache