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Chronique d’une femme libérée – T’as pas d’enfant ?

T’as pas d’enfant ?

Voici la question qui semble définir une femme de mon âge (entre autre), c’est-à-dire une jeune (si je mets « très jeune » c’est trop ?) quarantenaire qui mène sa vie comme ELLE l’a décidé et qui s’en fout un peu (beaucoup, passionnément…) de ce qui, selon certains/certaines, devrait être.

A presque chaque nouvelle rencontre, peu importe le contexte, j’y ai droit : d’abord les formes d’usage puis, après quelques minutes la première question :« T’as des enfants ? » à laquelle je réponds un simple non, puis, les plus audacieux (bien trop nombreux à mon goût) rajoutent : « Mais t’en veux
pas ? » ou encore « tu les aimes pas ? » (comme si j’étais la sorcière dans Hansel et Gretel).
C’est là que dans ma tête se profilent des réponses telles que : qu’est-ce que ça peut te faire ? Pourquoi, tu veux m’en faire un ? Quels enfants, ne sont-ils pas tous à Neverland ? Ou un simple
« parce que ! » (quand j’ai la flemme).

Evidemment, comme je suis sympa et bien élevée (et très modeste) je me contente d’un joli « la vie ne m’a pas offert cette chance mais que je suis une tata et une petite cousine comblée qui a la chance d’entretenir d’excellents liens avec sa famille ! »

Quoi qu’il en soit, cette question revient si souvent que j’hésite, lors de mes prochaines nouvelles rencontres, à directement décliner mon identité comme suit : Bonjour, je m’appelle Karine, j’ai quarante ans et pas d’enfant. S’en suivrait, suite à un éventuel air d’étonnement : oui je sais, je ne fais pas mon âge ! (Je vous vois rire, mais un jour ce sera votre tour de changer de dizaine !)

Plus sérieusement, comment est-il possible, en 2021, que les femmes soient encore définies d’entrée par la maternité ? Parfois, lorsque cette question arrive, je me demande si je n’ai pas pris inconsciemment ma DeLorean qui m’aurait conduite en 1950 ! J’ai fait plein d’autres choses ces dernières années et cela me convient, je suis heureuse et tout va bien ! Pourtant à en voir la tête des gens lorsque je leur réponds, on croirait qu’ils ont en face d’eux une femme triste qui a raté sa vie (ou alors une extraterrestre envahisseuse de la société qui vient bouger les normes établies) ! Je ne vous explique pas le nombre de « il y a beaucoup de femmes qui arrivent à avoir des enfants après 40ans » que j’ai entendu ! Cette phrase qui finalement est destinée à rassurer l’autre qui a le sentiment d’avoir mis le pied dans le plat.

En-dehors de mon cas, qui n’a rien à voir avec un problème d’ordre physiologique (mais avec de mauvais choix qui ont fait de la non-maternité le meilleur); ceux qui posent ces questions se rendent-ils compte qu’ils pourraient être face à une femme stérile ? Une femme qui essaie depuis longtemps et désespère ? Une femme qui se serait fait retirer les ovaires suite à un cancer ?
La liste des raisons possibles est longue et elles touchent à la personne, à des blessures, des souffrances, des combats,… Il me paraît donc complétement déplacé d’aborder une première discussion par des sujets aussi personnels ! L’être humain, bien que passionnant, peut souvent être incroyablement égoïste à catégoriser l’autre sans avoir le bon sens de se dire qu’il y a des réponses

qu’on ne veut pas entendre, qui ne nous regardent pas. (tu te souviens du « tourne 7 fois la langue dans ta bouche avant de parler ! » ?)
Quoi qu’il en soit, je ne souffre pas de cette question. Elle m’énerve plus qu’elle me blesse, et ce non pas pour moi, mais pour toutes ces femmes dont la réponse éveille une douleur. J’adore les enfants, j’en ai plusieurs qui m’entourent et que j’aime inconditionnellement (pis c’est quand même cool d’être tata, tu leur apprends les bêtises et tu les rends à ta sœur !).

En parallèle j’apprécie de pouvoir aller à l’apéro sans contrainte, de parfois me lever tard, de pouvoir vivre dans une bulle de calme et de pouvoir décider de partir faire les soldes à l’étranger demain si ça me chante (bon là c’est mon incapacité à gagner à l’euromillion qui me bloque). Je donne et reçois beaucoup d’amour tous les jours, je partage des moments forts et importants avec mes proches. Tout ça c’est ok pour moi, le verre est à moitié plein ! (devine de quoi…)

Il y a mille raisons pour lesquelles certaines femmes n’ont pas d’enfant, il y a aussi les choix de carrière, des choix liés à la tournure que vont prendre les choses en terme d’écologie, bref je ne vais pas faire toute la liste (je suis sûre que t’as déjà 10 autres raisons en tête), j’aimerai juste rappeler une notion qu’on entend beaucoup mais qui semble avoir perdu son sens : le choix ! (et j’en reparlerai du choix, souvent, vous êtes avertis !)

Quand je croise quelqu’un je ne lui demande pas pourquoi il a des enfants et pas un chien (ou un chat, un hamster, un panda) ! Ce type de question ne viendrait à l’esprit de personne, non ? Alors pourquoi celle des enfants ?
Parce qu’on a beau faire partie des habitants les plus évolués de la planète, on est quand même bien ancrés dans le passé et allergiques aux changements ! On se ballade les yeux rivés sur un écran au risque de bousculer les autres (tu bouscules seulement si il est beau, grand, musclé, c’est la règle !), mais nous ne sommes pas capables d’intégrer que la société change tous les jours. (pas forcément positivement, mais ça c’est un autre débat que je garde pour plus tard)
Pour des êtres capables de s’adapter depuis des millénaires je suis quand même inquiète ! (il faudra que j’en parle avec la famille Pierrafeu après avoir nourri mon Panda).

Tu l’as compris, si tu me croises demande-moi ce que je fais, ce que j’aime et si j’ai le temps pour un Spritz, ces questions-là trouveront toujours une réponse de ma part ! (pour le Spritz je vous donne déjà la réponse : OUI !)

Morale de l’histoire : préjuge-toi d’abord !
(nb : faire introduire ce nouveau verbe dans le dictionnaire et imprimer des t-shirts)
Non-maternellement vôtre, Karine.

Ps : une pensée à toutes ces femmes en couples/mariées qui subissent également cette pression peu importe leur âge !

Karine Leresche
Instagram : @une_armee_de_resilients

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