fbpx

Chronique d’une femme libérée : T’as liké sa photo !

© vontweb

Les transports publics : je déteste ça ! Entre ceux qui doivent avoir une coupure d’eau depuis 6 mois les empêchant de se doucher; ceux qui passent leur trajet à hurler au téléphone ou encore ceux qui écoutent leur truc qu’ils appellent musique sans casque, c’est l’enfer sur terre !
Mais il faut voir le côté positif de tout il paraît ! Celui des transports en commun c’est qu’on y apprend plein de choses !

Un jour, lors du trajet pour me rendre au fitness j’avais, assises derrière moi, deux femmes d’environ 25- 30ans. (c’était une semaine « je me reprends en main » ça m’arrive parfois, puis je reçois un message qui commence par le mot « apéro » et ma volonté sportive disparaît ! Je ne comprends toujours pas pourquoi…)
Comme je ne pouvais pas faire autrement au vu de leur proximité, j’ai entendu leur discussion. (bon ok, j’avoue que je l’ai écoutée attentivement, mais je n’irai pas en enfer pour ça non ?)
La première expliquait à la seconde qu’un homme lui plaisait bien et que pour lui faire comprendre elle était allée liker une de ses photos sur Instagram. L’autre, apparemment très au courant de codes que je ne connaissais pas, lui conseillait d’en liker au moins 3 pour qu’il comprenne que la porte était ouverte.

Toujours occupé à ne rien faire, mon cerveau s’est mis en branle ! Un défilé des comptes Insta que je suis s’est organisé tout seul dans ma tête (oui des fois il se passe des choses étranges dans ma tête, c’est mon côté gémeaux : on est toujours plusieurs et souvent je ne suis pas celle qui décide).
Au fur et à mesure que la parade se déroulait, mon visage avoisinait un couleur qui se situait quelque part entre le rouge de mes ongles et le rouge tomate, j’étais à la limite de me mettre en PLS !
J’ai liké plein de photos de comptes d’hommes moi, combien sont-ils aujourd’hui à penser que c’était une demande en mariage ??
La partie « instinct de survie » de mon esprit a d’abord voulu aller supprimer toutes mes maladresses des réseaux sociaux, puis il s’est remis sur le mode pragmatique : il était évident qu’il était bien trop tard pour effacer toute trace des messages codés que j’ai envoyé sans savoir que j’allais, grâce à ça, acquérir le statut de mante religieuse !

Parce que si j’ai bien compris comment fonctionnent les codes que j’ai découvert ce jour-là : tu likes une photo : ça ne veut rien dire, deux : ça commence à être un sous-entendu, trois : tu ouvres la porte, 4 : c’est une invitation à entrer sans frapper, le champagne et les fraises sont au frais, 5 : t’es prête passer le reste de ta vie avec, la place dans l’armoire est faite ! C’est bien ça ?
En 2021,au lieu de discuter avec l’autre, on envoie des signes étranges par écrans interposés qu’il faut ensuite décoder ?
A ce stade je me pose une question : lorsqu’on est pas au courant de ce langage-là, qu’on est pas formée, est-ce que ça compte ? Si je mets dans ma biographie Instagram : formation sur le code des likes non-suivie, ça suffit à dissiper tout malentendu ? Parce que je ne veux pas me marier avec Thibault Geoffray moi, j’ai liké ses photos parce que j’aime bien reproduire ses recettes healthy c’est tout ! (ok ok, c’est aussi parce qu’il est agréable à regarder…)

Ou la la, je repense aussi au nombre de stories auxquelles j’ai réagi avec des émoticônes, qui certes ont l’air d’avoir ingéré des substances illicites, mais qui ont quand même des yeux en cœur ! (quelqu’un a fait la formation des codes ? Est-ce qu’en faisant cela j’ai envoyé une quelconque forme de déclaration d’amour?)
Il m’est même arrivé de commenter des publications ou stories, entrainant donc des minis échanges. Est-ce que ces gens pensent à présent que je leur ai fait des avances ? (et est-ce que leurs compagnes vont venir sonner à ma porte pour m’assommer à coup de fer à lisser ?)
J’ai même fait des compliments qui partaient d’une intention bienveillante ! Je suis foutue je crois !
J’ai encore une question : lorsque j’ai réagi à des stories et que la personne de l’autre côté n’a même liké ma réaction, est-ce que c’est une forme de mépris, un code pour dire « je m’en fous » ?

J’ai toujours pensé que les réseaux sociaux servaient à échanger, entretenir le contact avec mes copines qui vivent à l’étranger, partager des idées, des endroits, des découvertes, des moments, des passions. Pour les rencontres je croyais, très naïvement, que les gens s’inscrivaient sur les sites dédiés comme Tinder ou Facebook rencontre.
En relisant ce qui précède, je me sens un peu comme la génération de nos anciens qui associent toujours les tatouages aux junkies et font la moral à leurs petits-enfants.
Je crois bien que j’ai loupé une évolution de la communication, bien qu’elle me paraisse totalement irréelle. Si on y réfléchit, lorsqu’on pense envoyer un signe, quelle est la probabilité que l’autre l’interprète de la bonne manière ? C’est quand même prendre bêtement un risque qui serait évité en utilisant un truc complétement obsolète apparemment : des mots !

Si quelqu’un nous plaît, quel est l’intérêt de faire durer des mois le suspens en jouant au code des
likes ? Il me semble que c’est plus simple de tenter la conversation, puis, si ça se développe, proposer une rencontre. Oui,oui, une rencontre, dans le vrai monde où il n’y a pas les filtres pour effacer les cernes et qu’on ne lève pas le pouce à chaque fois qu’on est d’accord avec ce qu’on entend ! Ce monde où le langage est celui des yeux, des gestes, des ressentis, du moment présent. Vous vous souvenez de cet endroit ? Moi je l’aime beaucoup, je le trouve beaucoup plus simple, spontané et authentique !

Moralité : lâchez vos téléphones, sortez et parlez ce magnifique langage qui regroupe la parole, les gestes, les regards : celui de l’être et de l’âme. Mon petit doigt me dit que ça fonctionne mieux qu’un like sur une photo…

Photogéniquement vôtre !

Karine

Ps : Cette formation sur les likes, si vous savez où on la trouve, contactez-moi (c’est pour une copine).

Karine Leresche
Instagram : @une_armee_de_resilients

3 COMMENTS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Must Read

Sélection livre : Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? – Carène Ponte

Un plaid et un chocolat chaud sont indispensables pour cette lecture

Chronique d’une femme libérée – Accepte-toi comme t’es !

Depuis cette multiplication des défenderesses du naturisme, je me sens coupable tout le temps !

Sélection livre : Ce qu’on n’apprend pas à l’école – Victoria Guillomon

D’une maturité et d’un optimisme incroyables

Chronique d’une femme libérée – Qui défend les hommes ?

il existe encore des hommes qui ont de l’éducation...

Talents Factory, le phénomène

les prochains workshop à ne pas loupé sont annoncés!